Déposer les pierres
- Édouard Malenfant, dir
- il y a 2 jours
- 2 min de lecture
Les enfants sont parfois cruels. À l’école primaire, je me souviens de Cathie qui pleurait à la moindre remarque qui lui était faite. Nous étions nombreux à la trouver un peu « chochotte » et à nous penser bien meilleur qu’elle. Elle était plutôt isolée pour ne pas dire ostracisée. Jusqu’à ce qu’un événement se produise. On est venu frapper à la porte de la classe et le directeur l’a fait sortir dans le corridor. On a entendu cette fois un hurlement déchirant qui nous a tous glacés le dos. Elle venait d’apprendre le décès de son père qui souffrait d’un cancer et dont l’agonie s’était éternisée sur plusieurs mois auparavant.
Je me rappelle très bien le malaise que nous avons tous ressenti lorsque Mme Houde nous a livré l’information. Nous avions jugé la pauvre Cathie sans savoir le drame qu’elle portait et nous ne pouvions pas soupçonner le courage qui lui fallait pour affronter chaque jour nos regards si méprisants. N’est-ce pas l’effet malheureux de tous les mépris, de tous les jugements? Que savons-nous vraiment de la vie de ceux et de celles que nous jugeons? Serions-nous tellement meilleurs à leur place, avec le bagage qu’ils ont reçu?
« Ne jugez pas. Ne condamnez pas. La mesure avec laquelle vous mesurez sera celle avec laquelle vous serez mesuré. » Jésus avait ce regard profond sur les pécheurs qu’il n’a jamais hésité à côtoyer. Dans le récit de cette rencontre avec la femme adultère que l’Église nous propose en ce 5e dimanche du Carême, Jésus nous invite à déposer par terre les pierres de nos prétentions et de nos jugements et à rentrer au plus profond de nous pour y découvrir l’immense besoin d’être pardonné qui s’y trouve. Jn 8, 1-11

Comments